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14 janvier 2007 7 14 /01 /janvier /2007 23:29

Texte 1 Sur le quai d'un métro

 

Contraintes : écrire avec un lieu et des personnages déterminés

Trouver une forme qui aide à transmettre ce que l'on veut dire.

Pour moi, il s'agissait de parler des solitudes qui se croisent sans se rencontrer dans les lieux les plus peuplés... J'ai donc travaillé sur des monologues intérieurs que le public peut entendre au fur et à mesure. Toutefois, pour bien comprendre que personne ne se parle, j'ai eu l'idée de faire s'entrecroiser la dernière phrase d'un monologue avec la première de celui qui suit. Les phrases soulignées doivent donc être prononcées en même temps. Le texte est à retravailler, il manque notamment le personnage à la chapka...

Personnages

- Le frère d'Alain Delon, petit, livide, moumoute

- Dame, foulard, lunettes de soleil

- Homme, chapka, fumeur

- Femme, quarante ans, bourrée, habillée avec des couleurs très chatoyantes, disant "C'est bizarre qu'il y ait autant de monde ce soir, Y'a rien de particulier"

- Mec avec une passoire sur la tête

- 2 téléphones pour la même fille

Dame, foulard, lunettes de soleil

- Je le prends, je le prends pas ? Courir après le temps, chaque jour faire la course avec soi même, comme les autres. Je les regarde monter, descendre, courir, marcher, prendre le train, attention ça sonne. Le glas de ma fin ? il a dit "Tu as la crise de la quarantaine insupportable, j'en peux plus" mais j'ai cinquante cinq ans... Je les regarde, qui me tendrait la main si j'appelais au secours. Chacun dans son monde coupé des autres.

Le frère d'Alain Delon, petit, livide, moumoute

- Je suis le frère d'Alain Delon. ça me donne de l'importance, c'est sûr, moi non plus, je ne suis pas n'importe qui. Alain Delon, le grand acteur, tout le monde le connaît, tout le monde l'admire. C'est important le notoriété, le talent. Il n'est jamais seul avec toutes ces femmes qui le désirent. Je suis son frère, ça veut dire que je ne suis pas n'importe qui.

Mec avec une passoire sur la tête

- J'avais envie de faire le malin, mais là, j'ai vraiment l'air con. Un pari avec Eugène, c'est toujours pareil, on se défie, qui ira le plus loin ? T'es pas cap ?...

T'es pas cap de te balader à poil place de la Concorde, t'es pas cap de te faire passer pour Chirac au téléphone. Eh bah, Eugène, chuis cap de passer pour le dernier des tarés avec ma passoire sur la tête. Et le pire, c'est sûrement que personne ne m'en parle, ne me demande pourquoi j'ai ça sur la tête, tout le monde fait comme si c'était normal.

Le frère d'Alain Delon, petit, livide, moumoute

- Mon frère c'est un grand, il a joué avec des tas de célébrités. Il a cotoyé la mafia. Oui, c'est quelqu'un, il a même couché avec Sissi l'impératrice. Je suis son frère, ça veut dire que je ne suis pas n'importe qui.

Femme, quarante ans, bourrée, habillée avec des couleurs très chatoyantes, disant "C'est bizarre qu'il y ait autant de monde ce soir, Y'a rien de particulier"

- C'est bizarre qu'il y ait autant de monde ce soir, y'a rien de particulier. Peut-être que 'jai trop bu, que je les vois double. C'est si bon l'ivresse. Tout oublier. ça fait sourire, ça donne de la chaleur, de la liberté. Je ferme les yeux, ça ondule fort, faut que j'rouvre les yeux si je ne veux pas sombrer, basculer. C'est un des seuls moments qu'il vaut mieux vivre seul qu'accompagné.

La fille aux deux téléphones

- Je vais lui dire que tout n'est que professionnel entre nous. La preuve, il est enregistré dans mon portable professionnel. C'était bien gentil de me dire tout ça mais bon, j'en fais quoi maintenant ? Y'a malentendu... moi, j'ai quelqu'un dans ma vie. Je préfère qu'on en reste là. Comme c'est mièvre cette histoire du "tu m'as plue au premier regard..." Mais tu ne me connais pas, c'est du fantasme, de l'image. Qui je suis, au fond, hein, ça compte pas ? Ce qui t'as plu, c'est rien du tout, le hasard. Pourquoi ? Parce que j'ai souri, parce que j'ai écrit un peu de poésie ? mais ça ne veut rien dire. Je voulais pas faire semblant, comme si tu ne m'avais pas émue un peu, mais je veux qu'on en reste là, c'est préférable. Etre adulte, c'est savoir dire non.

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Published by Trottinette - dans écriture
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