Hum, ça faisait longtemps que j'avais pas été fière d'un texte comme ça
écrit en atelier d'écriture, en quelques minutes
d'après la phrase de Michaux qui me sert de démarrage
"Un jour j'arracherai l'encre qui tient mon navire loin des mers"
D'après la phrase de Michaux
« Un jour j'arracherai l'ancre qui tient mon navire loin des mers »
Un jour, j'arracherai l'ancre qui tient mon navire loin des mers.
Je partirai à l'aventure,
Loin du barratin, du tintouin, des flonsflons du 14 juillet
Loin de l'étouffé, des simagrées,
Loin des longs sanglots, des petits grelots, des escargots
Loin des adieux en larmes, des bonjours aux armes, du salut des âmes
Je quitterai mon père, je quitterai ma mère
Pour parcourir les mers
Pour rencontrer les secondes
Pour chevaucher le monde
Je me sentirai libre,
Affranchi de la routine
Affranchi des quolibets des vieilles voisines
Affranchi de l'amertume de mes frangines
Je vivrai la planète
Au rythme des vagues, des dérives, des soubresauts
Au gré du vent et du firmament
Et puis je reviendrai
Fatigué de ces voyages
Usé, hors d'âge
Mais plein de la sagesse des paysages
Plein de la musique des hommes
qui ne voyagent pas mais qui savent accueillir
Plein de ceux qui sourient et ouvrent les bras
Je rentrerai usé,
Comme un homme aux mille visages
Je rentrerai la peau humide
Des saveurs de la nuit
Du crépuscule qui apporte l'ivresse
Je pourrai mourir alors,
De la vie remplie qui a défilé
De la mort qui se savoure
Aux bercailles, enfin, de retour.

